Pojagi : l’art coréen du textile

L’art du Pojagi

Pojagi (ou Bojagi) sont des carrés de tissus traditionnels coréens confectionnés  à partir de petits morceaux de tissus. C’est une technique de patchwork qui permet d’assembler les morceaux entre eux.

Le Pojagi est généralement carré. Les tissus utilisés dans le pojagi comprennent la soie, le coton, le chanvre, le ramie…etc.
En général, les tissus employés sont très légers et laissent passer la lumière. Ceci caractérise la beauté du Pojagi.

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Il y a différents types de bojagis: avec ou sans carreaux, brodés, peints, avec des feuilles d’or, matelassés…etc.
La particularité du pojagi c’est qu’on ne voit pas les traces de coutures, elles sont invisibles.

Le pojagi peut être décrit comme une véritable forme d’expressionnisme abstrait.
Pour ma part, j’ ai redécouvert cet art  grâce aux œuvres de l’artiste In-Sook Son.
Je vous conseille d’aller voir ses travaux actuellement exposés au musée Guimet, voir notre article pour en savoir plus (Exposition intérieur coréen au musée Guimet).
Puis, j’ai fait la connaissance de Marie Lee, une adepte de pojagi qui a fait une très belle exposition de pojagi et photographie le mois dernier.

Vous pourrez découvrir une petite interview  d’elle à la fin pour en savoir plus sur cet art.
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L’origine du Pojagi :

Il y a une longue tradition coréenne  utilisant des morceaux de carrés de tissus appelés « pojagi » pour couvrir et porter des objets de maison, des objets de rituel et des présents.

Couramment utilisé durant la Dynastie Joseon, l’utilisation du pojagi signifiait que la chance et le bonheur (bok) étaient enveloppés dans un linge.
Ainsi, un objet joliment emballé signifiait respect et honneur aussi bien à l’objet qu’à son receveur. Il apportait chance et bonne fortune.

On distinguait deux catégories de pojagi : kung-bo et Min-bo.

  • kung-bo était le linge qu’on utilisait dans la famille royale et à la cour. Un grand nombre de kung-bo de toutes tailles étaient cousus par des couturières du palais chaque année et étaient utilisés pour envelopper les présents donnés aux membres de la famille royale , incluant : des ornements personnels ,  des cuillères, la literie, l’ameublement.  Le pojagi royal était souvent réversible et fait de soie, de couleur rouge et rose.
  • Min-bo, était  plus un linge utilisé par les gens du peuple. Bien moins formel que le » pojagi » utilisé par la royauté , »Min-bo  » était constitué des restes de pièces de tissus.Le peuple coréen, très imaginatif, a inventé au long de siècles toute une variété d’usages et d’objets alliant le côté pratique et esthétique : coussins, petites boîtes, etc.

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Le Pojagi coréen est un savoir-faire transmis et pratiqué exclusivement par des femmes.
La confection de « pojagi » devint une manière pour les femmes de subvenir aux besoins de leur famille , tout en exprimant en même temps leur amour, leur créativité et leur nature artistique.
A la maison le « pojagi  » était utilisé pour envelopper les vêtements et la literie, pour couvrir des tables, porter de la nourriture…etc.

Interview Marie Lee (Angedore)

Comment as-tu découvert cet art ?
J’ai découvert cet art sur des blogs et mes amis coréens m’offraient  souvent des pojagis en cadeau. En retournant en Corée , mon pays natal, j’ai eu une révélation sur cet art traditionnel, l’impression de l’avoir toujours connu.

Une de mes amies coréennes m’a donc appris le pojagi lors de mon voyage en Corée.

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Très touchant de retourner dans son pays natal et de redécouvrir le pojagi, depuis combien de temps en fais-tu ?
Je couds des  pojagis depuis deux ans  suite à mon voyage en Corée, je cherchais beaucoup d’informations : livres en français et en coréen.

Maintenant, je suis devenue intarissable sur le sujet. Ce fut facile pour moi de le faire car je fais du patchwork à la main depuis 20 ans.
Depuis,  je fais découvrir cet art traditionnel coréen à travers en donnant des cours.
En plus le pojagi est très écologique, chose très importante pour moi !
Comment travailles-tu les matériaux ?
Je travaille  avec des matières naturelles comme le ramie, l’organza de soie coréen, l’organdi de coton et le voile de lin. Je couds entièrement à la main, je travaille le tissu en fonction de mon inspiration, de mes envies et aussi de l’attente de mes clientes qui sont souvent des amies. Je m’inspire de la nature, des hanboks, de mon pays natal…etc.

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Combien de temps pour faire une pièce ?
Cela varie d’une heure à parfois quarante heures selon le pojagi.

Quels ouvrages conseilles-tu pour apprendre le pojagi ?
Pour apprendre le pojagi je vous conseille :
Le livre de Yansook Choi aux editions JMQuilt et le Dvd de YoungminLee.
Voilà, je pense que vous savez tout sur le pojagi ou presque…reste plus qu’à tester ! 🙂

Cours de pojagi avec Marie Lee

Si vous êtes intéressés par des cours de Pojagi, Marie Lee donne des cours sur Paris.
Pour réserver et en savoir plus sur les tarifs, veuillez envoyer un mail à cette adresse :
lavie.autrement@yahoo.fr

Vous pouvez suivre Marie Lee sur :
Instagram et  sur son site officiel .

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Une vidéo du cours 

Sources : Centre culturel coréen, oungminlee.com
Photos Crédit : Angedore, K-phenomen.com, Korea pojagi forum

Ecrit par

Fondatrice du site K-phenomen et webmarketeuse. Je suis passionnée de Corée depuis 2006, sur le blog je vous propose des articles sur la culture Coréenne, des Interviews et vous présente des événements coréens ayant lieu en France.

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