Interview Mon Hanbok : marque aux inspirations coréennes

Hello tout le monde !
S’il y a bien une chose que j’aime faire à travers le blog c’est découvrir des entreprises, des créateurs qui ont un projet lié avec la Corée.
Mon Hanbok est une marque que j’ai découvert en 2015 sur le site kisskissbankbank, à cette époque ils cherchaient des financements pour lancer la marque.
Et aujourd’hui, la marque et la boutique en ligne sont bel est bien lancées ! Je ne peux qu’applaudir tout ce travail fourni et cette belle évolution !
En août dernier, Jeeyea Lee la créatrice de la marque, m’a invité à assister au shooting photo de la collection. J’ai donc pu voir les matières, toucher les produits. Autant vous dire que la qualité y est !

Pour moi la marque Mon Hanbok est unique en son genre, c’est une marque parisienne qui s’inspire de la mode coréenne, notamment du hanbok.
Pour que vous en découvrez plus sur la marque j’ai réalisé une interview.

mon hanbok

Pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît ?

Jeeyea : Je m’appelle Jeeyea Lee, je suis la styliste et la créatrice de la marque “Mon Hanbok”.
Je suis coréenne et je suis arrivée à Paris il y a 7 ans.
En Corée, j’ai étudié le “textile fashion design”, après cela j’ai poursuivi mes études dans le domaine du stylisme en France à l’école Studio Berçot et fait un stage dans une maison de prêt-à-porter à Paris.  
Suite à ces expériences, en 2015,  j’ai décidé de créer ma marque.

Kévin : Ma principale fonction est d’être le fiancé de Jeeyea. Je fais mon maximum pour qu’elle puisse s’épanouir dans son travail et c’est pour cela que je l’aide pour sa marque de vêtements. Je m’occupe de la gestion de l’entreprise et je tente de compenser les autres domaines ou Jeeyea ne se sent pas encore très à l’aise.

D’où vous est venue l’idée de créer cette marque ?

J : A l’âge de 17 ans, j’ai regardé un reportage en Corée où des artistes imitaient des produits occidentaux.
D’ailleurs, on importe beaucoup de produits occidentaux, mais eux ne connaissent pas nos habits traditionnels, je trouve ça dommage.
Pourtant on a une très belle culture du vêtement en Corée.
La difficulté avec le Hanbok c’est qu’il est très ample et voyant. C’est compliqué de le porter dans la vie de tous les jours. Le résultat c’est que les coréens portent tous des vêtements occidentaux pour le travail et la vie quotidienne.

C’est pourquoi  j’ai décidé de créer une marque qui puisse être portée de façon pratique tout en gardant des éléments de la culture de mon pays. C’est vraiment un mélange entre les deux cultures.

Comment définiriez-vous la marque “Mon hanbok” ?

J : C’est une marque de prêt-à-porter haute gamme parisienne avec des inspirations coréennes.
Elle s’adresse aux femmes actives entre 25 et 40 ans  qui aiment les produits uniques avec une touche asiatique.

Kevin : Le hanbok n’est pas simplement un vêtement, c’est vraiment un élément culturel. Sur chaque pièces de notre collection  il y a des détails qui rappellent vraiment la Corée.
Par exemple : Le col du sweat est un rappel du col coréen.
Dans chaque vêtement on a essayé de mettre des éléments culturels coréens.

Pourquoi la France?

J : La France m’inspire énormément surtout au niveau du luxe. La mode est très élégante, le style des femmes françaises m’inspire beaucoup !

Combien de temps avez-vous pris pour créer la collection  ?

Kévin : Je dirai que la partie créative est le résultat de son expérience de vie, c’est une idée qu’elle a depuis très longtemps avec des éléments traditionnels qu’elle a intégré depuis toute petite.
Au niveau de la partie technique ça lui a pris un an pour tout mettre en place à partir du premier dessin qu’elle a réalisé.

Que s’est il passé depuis le lancement du projet sur Kisskissbankbank ?

Kevin  : Au début , c’était un peu négatif pour nous car le projet sur Kisskissbankank n’a pas fonctionné comme on l’aurait voulu.
Je pense qu’on était mal préparé, on a mal géré cette partie là, du coup on a eu un moment de vide le temps de retrouver des financements et relancer la production.
Ce temps de vide a duré un an.
Finalement, ça a été très positif car ça a créé une communauté autour de la marque. Il y a pas mal de gens qui nous ont connu par cet intermédiaire là, on a eu pas mal de contacts grâce à ça.
Cela nous a beaucoup aidé pour avoir des retours sur notre projet.
On a pu un peu communiquer sur les réseaux sociaux, discuter, rencontrer des gens, ça a été que du positif.

Pouvez-vous nous expliquer le processus de création , les matériaux utilisés , comment ça se passe ?

Kevin : Au niveau du processus de création, c’est bien évidemment assez long.
Dans la première étape :
Jeeyea commence à faire des dessins par rapport à son inspiration. Cela correspond vraiment à ses toutes premières idées.

Deuxième étape :
Elle assiste à des fashion weeks (Paris, Tokyo) et au salon première vision (salon de mode qui montre les dernières tendances) cela lui permet de réajuster ses croquis en fonction des tendances.

Troisième étape :
Après cela, elle s’occupe de faire les fiches techniques pour pouvoir les transmettre à l’usine qui est en Corée.
Suite à ça l’usine fabrique un premier prototype.  
Sur certaines pièces elle fait le prototype directement à la main, mais sur les pièces comme par exemple le jean (tissu très épais), elle peut pas le faire à la maison du coup c’est l’usine qui le fait et envoie le prototype depuis la Corée.

Une fois le prototype réceptionné, elle regarde et vérifie tout, ensuite elle modifie, ils refont un prototype etc..jusqu’au moment où le prototype est valide.
A partir de ce moment là, une fois que la collection avec les prototypes sont finis, on peut s’occuper de la production.

Pour l’instant la marque dispose de 9 modèles, allez-vous étoffer la collection et faire des collections automne-hiver, printemps-été ?

Kevin : Pour l’instant on est uniquement sur une collection printemps-été.
Elle ne s’étoffera pas  l’année prochaine, il y aura peut être une ou deux pièces en plus de ce qu’on a actuellement.
La collection est très classique on a essayé d’alterner : une jupe longue, une jupe courte, un jean, un top, un gilet, un top plus léger, il y a vraiment de tout pour que la gamme s’auto-suffise. Pour l’instant il n’y a pas beaucoup de choix mais il y a possibilité de composer de très jolies tenues.
On augmentera plutôt dans deux ans, avec une collection qui sera plus importante avec plus de choix en tout cas.

Allez-vous créer des collections pour homme ?

J : Oui, si la ligne femme marche bien.
C’est un projet que je souhaiterais faire, ainsi que la ligne pour les enfants. Il s’agit plus d’un projet à long terme.

Pourquoi le hanbok ? Et comment définiriez-vous votre passion pour cet habit traditionnel ?

J : Dans le hanbok ce qui me plaît ce sont ses couleurs vives.  J’aime la matière utilisée et les détails. C’est un habit avec beaucoup de raffinement.

Le style des parisiens me plaît beaucoup mais je trouve qu’il manque de la couleur à leurs tenues.
Avec la collection,  je me suis adaptée au style parisien, mais j’ai eu envie d’ajouter une petite touche de couleur qui vient de mon pays. Je garde aussi  de la sobriété car je propose beaucoup de gris, blanc et noir.

D’où vient votre inspiration lorsque vous créez vos tenues ? Avez-vous des couturiers/stylistes que vous admirez ?

J : Mon inspiration vient de la simplicité, j’aime aussi quand les couleurs sont posées harmonieusement.
J’admire beaucoup de couturiers/stylistes, c’est difficile de choisir. J’aime beaucoup Christopher Kane, son travail est remarquable .

Quelle est la création dont vous êtes la plus fière ?

J : La robe Aram est la création que je préfère. C’est la version moderne de la robe traditionnelle coréenne Chullik.
Elle est imprimée avec des motifs floraux et la matière du tissu est traditionnelle coréenne (du lin).
C’est un vrai mélange entre tradition et modernité.

Comment expliquez-vous l’engouement de nos jours pour le hanbok ? (Notamment la réinterprétation du hanbok par la collection Chanel Seoul Cruise)

J: J’ai vu le défilé de Chanel, je l’ai trouvé très intéressant.
C’est vrai que les coréens n’étaient pas trop d’accord car la réinterprétation du hanbok est allée trop loin.

Moi,  je suis beaucoup intéressée par la réinterprétation de cet habit traditionnel, ça m’a d’ailleurs beaucoup inspirée.
Ainsi, le hanbok pourra être porté au quotidien pas qu’en habit de cérémonie.  Actuellement, c’est un habit qui reste difficile à porter avec sa jupe très longue…etc.
L’adapter mais tout en gardant ce côté traditionnel

MON HANBOK
Collection Chanel cruise- credit : défilé Channel

J’ai pu vous rencontrer dans différents événements coréens, avez-vous prévu de participer à d’autres événements  dans la sphère coréenne en France ?

Kevin : On va participer au festival coréen qui aura lieu le 1er octobre dans le 15e arrondissement de Paris. Sinon,  oui c’est certain on sera à des événements liés à la culture coréenne au niveau de Paris et plus tard au niveau de la province.

Quels sont vos objectifs à court et long terme?

J : A court terme, j’aimerais bien avoir une boutique physique à Paris pour qu’on puisse  toucher et voir mes créations.
Avec le site en ligne , on ne peut pas voir les détails, la matière du tissu et tout le travail qui est fait. J’aimerais beaucoup montrer cela à mes clients.

A long terme, j’aimerais développer la marque dans toute l’Europe, en Asie et aux Etats-Unis.

Je remercie Jeeyea et Kévin de m’avoir accordé cette interview. Je leur apporte tout mon soutien pour cette nouvelle aventure. Rdv sur leur site pour découvrir la collection ! 

www.monhanbok.com

Photos crédit : Mon hanbok & K-phenomen

 mon hanbok

Ecrit par

Fondatrice du site K-phenomen et webmarketeuse. Je suis passionnée de Corée depuis 2006, sur le blog je vous propose des articles sur la culture Coréenne, des Interviews et vous présente des événements coréens ayant lieu en France.

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