Les créateurs étrangers qui ont revisité le Hanbok

HANBOK

 

Au pays du matin calme, le Hanbok est une tenue traditionnelle portée par les femmes depuis des milliers d’années bien que de nos jours ce vêtement ne soit porté que lors d’occasions particulières, c’est-à-dire, durant des fêtes traditionnelles (anniversaire de Bouddha…etc).

Son histoire

hanbok

Au fil des siècles, le design de ce vêtement traditionnel n’a que très peu évolué, et pour les plus curieuses d’entre vous, voici les principaux éléments qui composent le Hanbok : la Jeogori, partie supérieure de la tenue qui fait office de courte veste que l’on ferme à l’aide de deux longs rubans. Il y a ensuite le Dongjeong, qui désigne le col blanc attaché à l’encolure de la veste. La partie inférieure de la tenue est composée de la Chima, une longue jupe dont il existe différentes variantes. Et enfin les Beoseon, qui désignent la paire de chaussettes portée aussi bien par les hommes que les femmes.

Le Hanbok, un vêtement international ?

Cette tenue traditionnelle coréenne n’est pas encore aussi bien connue que son homologue japonais, le Kimono, d’ailleurs lorsque la créatrice coréenne Lee Young-Hee présentait sa collection inspirée du Hanbok, en 1994 à Paris, les journaux occidentaux parlait de « kimono coréen ». Depuis quelques années le ministère de la culture, du sport et de l’avancement du Hanbok a décidé de tout mettre en œuvre pour promouvoir la beauté de ce costume traditionnel. C’est dans cette optique que le ministère a invité une grande créatrice Vénézuélo-Américaine, Carolina Herrera, à revisiter le Hanbok.

  • Carolina Herrera a donc dévoilé trois Hanboks fait-main lors d’un événement privé au Musée d’Art et de Design de New-York, les tenues ont ensuite été envoyées au Centre Horim où elles ont été exposées. Elle a créé trois tenues, une robe de mariage, une robe de soirée et un deux-pièces composé d’une veste et d’une jupe, tout cela en mixant son style esthétique avec l’esprit traditionnel du Hanbok.
Les trois Hanbok de Caroline Herrera
  • Karl Lagerfeld, Défilé Chanel croisière à Séoul 

En 2015, Karl Lagerfeld présentait sa collection Chanel Croisière à Séoul au Dongdaemun Design Palace qui pour l’occasion avait revisité le traditionnel Hanbok. Il lui a apporté une touche de modernité en utilisant des matériaux légers tels que : le lin, le tulle, de la dentelle et du shantung, un type de soie que mademoiselle Coco appréciait tout particulièrement. Le directeur artistique de Chanel, a mélangé énormément de couleurs vives comme le fuchsia, un orange corail vif et du violet. De plus, il a ajouté du volume à la traditionnelle Jeogori, en y apposant de longues manches et des épaules rondes.

Défilé Chanel croisière à Séoul en 2016
  • Jean-Paul Gautier

Jean-Paul Gautier, lui aussi s’est laissé séduire par le Hanbok, qu’il a décidé de réinventer lors de son exposition au Dongdaemun Design Palace en 2016. Le Hanbok vu par Gautier est blanc neige, avec une légère inspiration orientale, la jupe délicate est composée de tulle blanche. Le créateur français a ensuite imposé sa signature avec ses célèbres rayures blanches et bleues de breton imprimé sur le Jeogori. A cette veste, il a ajouté une de ses marques de fabrique ,son célèbre soutien-gorge iconique à bout pointu et couleur rose poudré. Une création qu’il avait fait la première fois pour Madonna. Les Beoseon, chaussettes traditionnelles ont disparu pour laisser place à des talons aiguilles portés avec des chaussettes à rayure bleu et blanche.

Défilé Jean Paul Gautier à Séoul

Les coréens se réapproprient le Hanbok

D’autres initiatives pour moderniser leur Hanbok ont été lancé par les coréens notamment lors de l’exposition en octobre dernier. Durant l’événement créé par Arumjigi, une association culturelle qui crée des événements autours de la mode coréenne, de la nourriture et de la maison traditionnelle. Le Hanbok a été présenté avec toute ces variations mais aussi réinterprété de manière plus moderne pour inciter les jeunes femmes coréennes à le porter plus régulièrement. L’exposition était donc divisée en deux parties avec un espace traditionnel et un espace moderne.  C’est une marque de recyclage de vêtement Re;CODE of Kolon Industries qui à récupérer des vieux Hanbok et les à moderniser pour l’occasion. Tous cela en collaboration avec deux autres créateurs coréens, Jung Mi-Sun de la marque Nohke et Im Seon-Oc de la marque PartspArts, qui ont mixé le style unique de leur marque avec le traditionnel Hanbok.

La boutique Tchai Kim

Dans le même élan, on peut parler de la marque Tchai Kim lancé par la créatrice coréenne de hanbok traditionnelle , Kim Young-Ji. Elle revisite ce costume traditionnel afin de l’adapter à la vie de tous les jours des coréennes tout en gardant l’essence et l’esthétique coréenne.

Le Hanbok reste donc un vêtement cher aux cœurs des coréens, symbole de leur tradition mais aussi le signe de leur ouverture au monde.

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Crédit photos : Vogue Korea 

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Etudiante en première année de master de mode et communication. Je suis passionnée de mode coréenne depuis plusieurs années et mon échange universitaire dans la capitale coréenne a renforcé mon intérêt pour la culture et le style vestimentaire avant-gardiste du pays. Solenn écrira sur K-phenomen des articles sur la mode coréenne.

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