Le rap underground coréen

le rap underground coréen

Rappelez-vous dernièrement je vous parlais de la musique indie sud-coréenne, mais aujourd’hui j’ai décidé de vous parler du rap underground coréen.

De la K-pop au K-hiphop…

La musique underground sud-coréenne est apparue pour la première fois en Corée du Sud fin des années 80 et début des années 90. Mais on ne peut pas parler de K-hiphop sans parler de K-pop. En effet, le K-hiphop est naît d’une fusion entre deux influences musicales : la K-pop et le hip-hop « afro américain ».

Au début des années 1990, le boysband sud-coréen « Seo Taiji and Boys » crée un premier contact avec le hip-hop en introduisant des parties rappées dans leurs chansons. Dès lors, on assiste à un changement dans la k-pop, le rap fait désormais partie intégrante de ce style de musique. De nos jours, on peut voir qu’il y a au moins un ou plusieurs rappeurs dans la composition des « Idols ».

L’ouverture de la Corée du Sud à l’international a permis au hip-hop sud-coréen d’avoir accès à de nouveaux styles et de s’ouvrir à d’autres musiques. Les sons ont commencé à se rapprocher du rythme du hip-hop américain et le breakdance fait son entrée dans les clips et les performances des artistes k-pop. A partir des années 1990, on assiste à une évolution des mœurs tant au niveau musical qu’au niveau social. Désormais, le hip-hop n’est plus un genre uniquement réservé aux Afro-Américains.

Rap underground sud-coréen

Les débuts du rap underground sud-coréen…

Cho P.D et le duo Drunken Tiger (Tiger JK et DJ. Shine) ont permis de faire connaître un nouveau genre de rap coréen qui prend son inspiration sur le modèle américain. Ils rencontrèrent un grand succès, ce qui permis à beaucoup de coréens de renouer avec le Hiphop. Drunken Tiger ayant beaucoup de relations dans l’underground, le duo créa des liens entre ces deux mondes en collaborant avec de nombreux artistes.

Mais, au delà d’un genre musical, le rap underground sud-coréen, c’est aussi une façon d’être et une manière de penser. Le rap underground – en opposition à l’industrie musicale plus commerciale dite « mainstream »- fait son apparition fin des années 1990 et début des années 2000. C’est à cette époque que la première vague d’artistes tels que Drunken Tiger, Yoon Mi Rae, Dynamic Duo, Epik High ou encore LeeSsang fondent les bases du rap underground.

Rap underground sud-coréen

Une étoile montante : Verbal Jint

Mais l’un des artistes qui a su apporter de la nouveauté et de la fraîcheur au rap underground c’est Verbal Jint. Respecté par ses pairs dans le milieu du rap, grâce à son style unique, il a su combiner musique mainstream et rap underground sur un marché plus que saturé par l’industrie ultra commerciale de la K-pop. Il a été le premier à écrire ses paroles en coréen et en rimes (exercice difficile puisque la langue coréenne ne se prête pas facilement à ce genre d’exercice). Cette méthode d’écriture est désormais considérée comme LA norme sur la scène du rap underground.

Depuis de nombreux rappeurs sud-coréens connus dans le milieu musical du rap et du hip hop se revendiquent eux-mêmes, artistes underground. Parmi ces artistes, on peut citer Beenzino, Swings, Primary, Zion T et bien d’autres encore.

Quand le rap rencontre la télévision

Mais ces derniers temps, grâce à des programmes de télévision de compétition de rap tels que :  Show Me The Money (SMTM), Unpretty Rapstar, et depuis peu l’émission 고등래퍼 (littéralement, les lycéens rappeurs), ces programmes grand public mettent en scène les futurs recrues du rap underground. Véritable incubateur de nouveaux talents, on y a découvert de véritables artistes tels que : Giriboy, Ugly Duck, Loco, Cheetah, Be why..et bien d’autres encore.

Rap underground sud-coréen

Grâce à ces programmes TV et la reconnaissance à l’international de ces nouveaux talents, les rappeurs sud-coréens ont gagné une certaine notoriété aux Etats-Unis en participant à de grands festivals (Epik High a quand même participé au célèbre Coachella en 2016, une première pour un groupe sud-coréen). Des labels de musique tels que : Illionaire Records et AOMG ont organisés des « tours » aux Etats-Unis. En 2015, le rappeur Keith Ape devient un véritable phénomène avec son titre : It G Ma.

Récemment, les rappeurs sud-coréens retournent de plus en plus aux prémices du K-hiphop. En effet, le fossé entre le rap « mainstream » et le rap underground tend peu à peu à se réduire et on assiste à la fusion de plusieurs genres musicaux en un seul, c’est le cas de groupes tels que : Block B ou encore Phantom. De plus en plus, de rappeurs sud-coréens collaborent avec des artistes K-pop. C’est le cas du titre Some avec Soyou (du groupe Sistar), Junggigo, et le rappeur Lil Boi. On peut également citer en 2014 « A Midsummer Night’s Sweetness, » une collaboration entre Raina (groupe After School) et le rappeur San E.

Ecrit par

Marion, passionnée par la Corée depuis de nombreuses années. C'est avec une envie de partage et de nouvelles aventures qu'elle a rejoint notre équipe. Elle écrira sur le webzine des articles sur l'actualité en Corée et sur l'aspect culturel (musique, cinéma, lecture).

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